#CodexConversations 05 ✖️ Yoyo Maeght

Comment Aimé Maeght a disrupté le marché de l’art moderne

Pour cette 5ème Codex Conversation, nous étudions marché et galeries d’art avec notre invitée : Yoyo Maeght.

Yoyo Maeght

Yoyo Maeght fait partie de la troisième génération d’une famille très impliquée dans le monde de l’art. Son grand-père, Aimé Maeght, a créé la galerie Maeght, la fondation Maeght et sans doute aussi le modèle du marché de l’art tel qu’il fonctionne aujourd’hui.

Nous nous appuyons sur son ouvrage « La Saga Maeght » pour mieux comprendre et expliquer les mécanismes du marché de l’art.

Aimé Maeght

Fils d’ingénieur chemineau du Nord de la France, Aimé Maeght devient orphelin lors de la Première Guerre Mondiale et est placé au sein d’une famille dans les Cévennes. C’est ce déracinement, selon lui, qui lui a ouvert l’esprit. 

Jeune, il alimente une passion pour l’art et plus particulièrement pour la musique. Pour s’offrir ses livres, ses disques et autres contenus artistiques, il enchaîne beaucoup de petits boulots. Avec une excellente mémoire, il apprend vite et enrichit sans cesse ses connaissances. 

Il devient ensuite technicien de la lithographie (une fonction qu’il utilisera toujours au cœur de son activité). Puis, ouvrier en imprimerie à Cannes, on lui confie les relations avec les artistes et il rencontre Pierre Bonnard. Un réseau commence à se dessiner autour de lui et les artistes le poussent à ouvrir sa galerie à Paris, avec Matisse mais aussi Georges Braque pour sa première exposition.

Une galerie qui fait le « Buzz »

Très vite, nous explique Yoyo, il accompagne ses expositions d’une édition. Un feuillet en lithographie avec des textes originaux, par des artistes comme Prévert, qui accompagnent les œuvres.

« Il va créer le buzz« 

La galerie est un succès, car tout d’abord Aimé Maeght offre ses lithographies. D’autre part, il se déplace aux États-Unis pour rencontrer Duchamp. Et ensemble, ils organisent une exposition « scandaleuse » sur le surréalisme. Dans un troisième temps, il a l’idée de proposer des reproductions de très bonne qualité à petits prix. En ce cas, il y aura par exemple  100 000 gravures de Miró sorties. 

Pour finir, le grand-père de Yoyo a la bonne idée de s’associer avec Pierre Matisse, le fils de Henri Matisse, avec qui il partage les contrats d’artistes comme avec Jacometti ou Miró.

La fondation Maeght et sa mondialisation

« Au lieu de faire la promotion des œuvres, il a fait la promotion des artistes« 

Yoyo nous explique que son grand-père inaugure la fondation Maeght comme le premier bâtiment à accueillir l’art contemporain. La Fondation est issue de la réflexion des plus grands esprits et artistes de ce siècle.

Aimé Maeght ne s’arrête pas là puisqu’il va chercher d’autres artistes ailleurs. Il envoie des communiqués de presse, et selon Yoyo, a déjà cette notion de communication. Ainsi, il produit et internationalise des affiches. Elles sont à la fois un produit et à la fois une publicité.

Le magazine et la famille

Il sort son magazine « L’art vivant » à la fin des années 60. C’est un journal qui regroupe toutes les formes d’art.

Le succès d’Aimé, selon sa petite-fille, vient aussi de sa capacité à être curieux de tout. Il a pu aussi compter sur l’aide de sa famille au sein de son entreprise. Son fils, le père de Yoyo, a géré par exemple, l’ouverture d’une deuxième galerie à rive droite. 

Même les enfants s’impliquent dans ce monde du marché de l’art et sont invités aux événements et aux voyages. Il pensait constamment au long terme et à la génération future.

Frédéric Clad

Founder of THE FARM

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