Art Basel 2017, c’est parti !

Aujourd’hui s’ouvre Art Basel, la grand-messe de l’art contemporain ! Du 15 au 18 juin 2017, au moins 80 000 personnes sont attendues pour ce qui apparaît aujourd’hui comme l’événement le plus hype de l’année.

Disons-le d’emblée : le programme de cette 48ème édition d’Art Basel sera à la hauteur de la réputation de l’événement. En coulisses, le directeur de la foire Marc Spiegler et son équipe ont concocté un programme dense à la croisée de tous les arts majeurs. Comme chaque année, la foire sera divisée en plusieurs secteurs principaux, répartis dans le hall des expositions de la ville mais aussi à l’extérieur, dans les rues de Bâle.

La fine fleur des galeries

Dans le hall principal, la section « Galerie » accueillera les stands des 291 marchands d’art triés sur le volet. Ce seront au total pas moins de 4 000 œuvres qui seront présentées au public en trois jours, pour une valeur globale estimée entre 3 et 5 milliards d’euros… Rien que ça !

Au fil des stands alignés le long des allées on retrouvera les grandes enseignes habituées des foires internationales (Thaddaeus Ropac, Hauser and Wirth, Perrotin, Gagosian ou Almine Rech). À leurs côtés se présenteront de nouveaux arrivants comme Campoli Presti, Susanne Vielmetter, Salon 94 ou Di Donna. L’occasion pour tout un chacun d’admirer les œuvres de David Nuur, Hans-Peter Feldmann, Jaume Plensa, Bruno Bischofberger ou encore Jeff Koons…

Dans la section « Feature », des galeries moins médiatiques seront invitées à mettre à l’honneur un artiste de leur choix, dans une présentation personnalisée aux allures d’exposition monographique. Les mises en scène de Barbara Bloom et Joan Jonas (galerie Rafaella Cortese), de Robert Frank (galerie Hamiltons) ou de Stephan Balkenhol (galerie Löhrl) devraient donner une belle illustration du potentiel de ce secteur original.

La crème des artistes émergents

La partie « Statements », elle, fera la part belle aux artistes montants. Amy Lien et Enzo Camacho (galerie 47 Canal), Sam Anderson (galerie Chapter NY) ou encore Maha Maamoun (galerie Gypsum) tenteront tous de remporter le prestigieux « Baloise Art Prize », qui assure à son lauréat de voir certaines de ses œuvres intégrer d’importantes institutions culturelles.

 

L’élite des grands créateurs

La section « Unlimited », créée en 2000, regroupe pour sa part des œuvres d’art au format monumental. En quelques années seulement, elle est devenue l’une des principales attractions d’Art Basel et témoigne de la portée mondiale que les organisateurs entendent conférer à l’événement. De nombreux artistes d’envergure internationale y ont déjà exposé comme Carl Andre, Michelangelo Pistoletto ou encore Ai Weiwei.

Cette année, la programmation sera assurée par le curateur Gianni Jetzer (Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Washington). Au total, 76 projets divers et variés seront proposés sur une surface de 16 000 mètres carrés.

Reportage par Vernissage TV

 

La composition Cooking the world de l’artiste-star indienne Subodh Gupta sera l’une des pièces phares présentées dans l’espace Unlimited. Concrétisation ultime des rêves les plus secrets des ménagères, la composition se présente comme un assemblage d’ustensiles de cuisine suspendus à des fils de pêche ayant la forme d’une maison ! Poêles et casseroles sont ainsi réunies en un étrange amas de fer et de téflon, stagnant dans l’air conditionné de l’espace d’exposition… La structure est conçue comme une évocation de la cuisine indienne traditionnelle, au carrefour du métissage rituel et culturel qui lui donne sa saveur si particulière.

À défaut de casseroles, l’artiste sud-africaine Sue Williamson se servira également de fils de pêche pour y suspendre de son côté des nasses, dans lesquelles seront déversées des bouteilles en verre. Message from the Atlantic Passage se comprend comme une référence à l’exploitation de la traite négrière et au commerce triangulaire, et à la délicate cohabitation des cultures contemporaines qui découle de cet héritage.

L’avant-garde du cinéma

Que l’on se rassure, on ne sera pas obligé de lever constamment la tête au plafond pour admirer des œuvres à Art Basel cette semaine ! Pour ceux que le torticolis menace, il sera toujours possible de se rendre du côté de la section « Films » afin de prendre un peu de repos.

Dans l’objectif de faire d’Art Basel le miroir de l’actualité contemporaine, l’accent sera mis cette année sur la question des identités et de la perception de toutes les altérités.

L’inauguration sera notamment marquée par la diffusion du film du réalisateur franco-américain Éric Baudelaire, Also known as Jihadi (2017), qui retrace l’histoire d’un Français d’origine maghrébine parti s’engager pour le Jihad en Syrie. À voir aussi parmi d’autres vidéos le court-métrage de Stanley Tucci, Final portrait (2017) ou encore celui de Filipa César, Spell Reel (2017).

Teaser du film d’Eric Baudelaire – Also known as jihadi (2017)

 

 … Et puis tout le reste !

Vous pensez en avoir vu assez ? Détrompez-vous. Chaque année, Art Basel voit les choses en grand et ne se contente pas d’animer le hall des expositions de la ville : durant plusieurs, jours, c’est en réalité l’art qui envahit la ville et court dans les rues pour se répandre comme une énergie folle.

À la programmation déjà riche prévue par la foire s’ajouteront ainsi de nombreux événements parallèles qui se dérouleront un peu partout dans Bâle et aux alentours !

La section « Parcours » présentera de nombreuses œuvres d’artistes à suivre à la trace dans toute la ville, d’après une scénographie proposée par Samuel Leuenberger (SALTS, Birsfelden).

De son côté, la fondation Beyeler présentera des expositions consacrées à Tino Seghal et à Wolfgang Tillmans, tandis que le Kunstmuseum de Bâle organise respectivement trois événements centrés sur Richard Serra, Paul Cézanne et Otto Freundlich…

Et tout cela, bien sûr, sans parler des festivals organisés en marge de la foire, parmi lesquels le Scope, la Liste ou encore le Rhy Art Fair, pour ne citer que ceux-là… ! À Bâle cette semaine, l’art contemporain mondial transformera la ville pour faire rêver les gens.

Par Nicolas Sacromonte

 

Leave a Reply

Your email address will not be published.