La TEFAF : la perle des foires d’art est aux Pays-Bas

La Tefaf (The European Fine Art Fair) a fêté cette année sa 30ème édition à Maastricht du 11 au 20 mars. Considérée comme la perle des foires d’art, la Tefaf présente dorénavant 3 éditions chaque année dont deux à New-York. Présentation d’une géante.

 La Tefaf est depuis 30 ans LE salon de référence en ce qui concerne l’art en règle générale mais s’illustre plus particulièrement dans les domaines de la peinture ancienne, l’antiquité, l’art du Moyen-âge et les curiosités. Chaque année, c’est l’espace d’exposition MECC de Maastricht qui accueille cette foire, que l’on peut résumer en deux mots : expertise et excellence.

« Expertise » car la Tefaf s’engage à ne présenter que des galeries certifiées et à n’exposer que des œuvres analysées. En effet, les jours qui précèdent l’ouverture de la foire, une batterie d’experts se rend sur place pour analyser les œuvres et objets exposés. L’engagement principal de la Tefaf, c’est de ne proposer aux acheteurs que des oeuvres qu’ils pourront acquérir sans se préoccuper de leur provenance.

« Excellence » car toutes les oeuvres proposées sont la crème de la crème des galeries du monde entier. Des galeries qui n’exposent que peu d’objets mais présentant ce qu’elles ont de mieux.

La Tefaf fut fondée en 1988 par un comité de marchands d’art. En 2008, forte de son succès auprès des galeries, qui faisaient face à une très longue liste d’attente pour pouvoir prétendre y participer, elle dut mettre en place la Tefaf Showcase. C’est une sorte de foire « annexe » à la Tefaf située dans le hall ouest du MECC. Son but est de promouvoir de jeunes galeries sélectionnées parmi de nombreux candidats. Showcase promeut donc de nouveaux lieux leur permettant ainsi d’accéder à ce genre d’institutions aux côtés des mastodontes du milieu. La Tefaf a également souffert du fait de n’être présente qu’en Europe et il a donc fallu remédier à cela : depuis 2016 la Tefaf s’est exportée à New-York avec deux foires, une à l’automne (spécialisée arts décoratifs de l’Antiquité à 1920) et une au printemps (spécialisée art moderne et contemporain ainsi que design).

La Tefaf part donc encore plus à la conquête du marché américain (qui représentait 43% du total des acheteurs en 2015) en le confrontant directement.

Retour sur cette édition 2017

Cette année, 270 exposants provenant de 60 pays différents étaient présents dont 5 jeunes galeries qui ont pu exposer à la Tefaf Showcase avec notamment le Parisien Renaud Monméat, le tout offert aux yeux de près de 71 000 visiteurs. Ce sont près de 30 000 pièces qui ont été présentées pour un montant total estimé à 2 milliards d’euros. Les catégories étant: les peintures, la haute joaillerie, les arts tribaux, les arts modernes et contemporains ainsi que le design. Mais ce sont sans contestation les antiquités qui ont été le plus représentées avec près de la moitié des stands.

En quoi la Tefaf est-elle représentative de l’état du marché de l’art?

Les œuvres en règle générale, que ce soit dans les ventes ou dans des foires comme celles-ci, ne se bradent pas et partent à des prix toujours plus astronomiques, surtout lorsqu’il s’agit d’art ancien. Pourquoi ? Johnny van Haeften, cofondateur de la Tefaf, l’explique par cela: « Breughel, Rambrandt, Frans Hals, ceux-là ne peindront plus jamais. Ils disparaissent, en quelque sorte, dans les musées. Donc, les fournisseurs d’œuvres diminuent. Dans le même temps, la demande pour l’art est en hausse car la richesse augmente dans le monde, comme au Brésil, en Russie ou en Chine ». L’art est définitivement un domaine qui ne connait pas la crise. Si la Tefaf est l’occasion d’un « bilan » concernant l’état du marché de l’art, elle nous montre également que les foires ont plus que tout le vent en poupe, malgré le prix de certaines, cela ne repousse pas les acheteurs qui les préfèrent aux salles de ventes.

Le Tefaf Market Report

D’un point de vue professionnel, la Tefaf est un moment clé pour le marché de l’art, elle permet en effet de dresser un des bilans les plus réputés : le Tefaf Market report. Ce dernier, conçu cette année par le Dr Rachel Pownall, dépeint l’état du marché de l’art mondial.

5 choses à retenir du Tefaf Market Report 2017

    • Le total des ventes d’art en 2017 s’élève à 45 milliards de dollars.
    • Les plus gros acheteurs sont toujours les européens avec 20,50% des parts de marché
    • Les américains sont cependant de plus en plus présents avec 14,5% des parts de marché
    • Cependant, la vente provient en moitié de notre côté de l’Atlantique : 53% des galeries et marchands d’art sont européens
  • L’artiste le plus vendu en 2016 reste Pablo Picasso

Et sur les réseaux sociaux ?           

2017 est une année phare en ce qui concerne les réseaux sociaux de la Tefaf. Ils ont véritablement opéré leur transformation digitale en axant leur communication sur l’aspect social et la participation. Ainsi, on a pu découvrir des œuvres et objets en vente ainsi que les stands, mais aussi des coulisses.

Le gros coup de cœur d’Instagram ne s’est pas porté sur une peinture ou la scénographie d’un stand mais sur décoration florale qui a occupé les quatre premières places des photos les plus likées !

L’oeuvre la plus WTF de la Tefaf : le mi chat/mi-paon de Thomas GRUNFELD sur le stand de la galerie Hidde van Seggelen

Les visiteurs ont aussi aimé jouer avec la perspective et se prendre en photo devant des miroirs …

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Beaucoup de miroirs…

Les traditionnels selfies devant les oeuvres

(photo de couverture : Page Facebook de la TEFAF)

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